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Octobre 2022




" Vérité historique et création littéraire"

soirée discussion avec Jean-Jacques Gandini et Patrick Fornos.

L'idée de cette rencontre-débat est venue à la suite d'un échange de courriels entre Jean-Jacques Gandini et Patrick Fornos après la lecture par le premier du roman du second, "L'eau des deux rivières" et de la présence postérieure à la "Comédie du Livre" d'Adrien Bosc pour son ouvrage "Colonne", présence sur laquelle nous avait alerté Ariel Camacho, le fils de Diego, alias Abel Paz, à l'origine de la création du Centre Ascaso Durruti.

A la fin d'"Angel", la première partie de son roman "L'eau des deux rivières", qui a pour trame à travers l'histoire du village de Santa Coloma les causes lointaines et les préludes de la guerre civile espagnole de 36-39, laquelle avec ses suites sera la toile de fond de la deuxième partie, "Colette", Patrick écrit :
En quelques semaines, d'un bout à l'autre du pays, des défilés sans fin de braves types qui n'avaient jusqu'ici pas fait de mal à une mouche, se mirent en marche les uns contre les autres pour s'envoyer à la figure à coups de canon et de mitraille leurs nouvelles certitudes.

Et il y revient dans la 4°de couverture de "Colette", qui est censée attirer l'attention du lecteur sur les points importants de l'ouvrage. Donnant ainsi l'impression, pour Jean-Jacques, de renvoyer dos à dos les deux camps, alors que ce fut en réalité un combat idéologique entre - pour simplifier - fascisme et révolution sociale.

Dans le même ordre d'idées, mais nettement plus grave, dans son roman "Colonne", Adrien Bosc raconte le bref passage de Simone Weil en Espagne l'été 36, en indiquant d'emblée qu'en août 1936 elle rallie les Brigades Internationales au sein de la colonne Durruti, alors que les dites Brigades ont été créées en octobre et en plus sous l'égide du Comintern, précisément pour supplanter les milices anarchistes dont faisait partie la colonne Durruti : ce qui est donc une falsification historique avérée.

A l'inverse, Livia Parnes, la postfacière de l'ouvrage "Le Juif", écrit en 1866 par le "Balzac portugais", Camilo Castelo Branco, et qui vient d'être traduit et publié aux éditions Chandeigne, avec pour trame la dénonciation au tournant du XVIII° S. au Portugal des bûchers du Saint Office, répond ainsi à la question de Frédérique Fanchette, la journaliste de LIBERATION qui l'interviewe le 28 mai, "Jusqu'où le livre de Camilo Castelo Branco est-il proche de la vérité historique ?"

Camilo, c'est ainsi qu'on l'appelle au Portugal, est proche de la vérité presque jusqu'au bout et c'est dans ce "presque" qu'est tout son art. Antonio Da Silva et Francisco Xavier de Oliveira ont existé, comme la plupart des personnages historiques mentionnés. Le romancier met des notes en bas de page pour expliquer qui ils sont et s'y ajoutent celles du traducteur, Bernard Tissier. Si bien que ce double appareil de notes montre que tout ça est foisonnant. Les dates que donne Camilo sont vraies, les évènements sont exacts, les citations des oeuvres de da Silva et de de Oliveira également. Et avec cette matière réelle, il crée de la fiction à travers les intrigues amoureuses, les aventures. Il invente ce que l'histoire a délaissé. Mais tout cela est plausible.
Cette fois, on y est ! Jean-Jacques et Patrick vont se servir de cette trame pour lancer le débat.


Mardi 11 octobre 2022 à 19h au
Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René - Montpellier.